Rondeau du printemps

Maurice Rollinat (1846–1903)

Les Névroses

RONDEAU DE PRINTEMPS

À Alphonse Daudet.

Des pêchers roses, tous en chœurEmbaument les vignes désertes ;Le battoir fait son bruit claqueurAu bord des mares découvertes,Et la nuit perd de sa longueur.Le vent qui n’a plus de rigueurÉparpille en souffles alertesLa contagieuse langueurDes pêchers roses.L’Amour sourit, tendre et moqueur,Car bientôt, dans les herbes vertes,Œil mi-clos, lèvres entr’ouvertes,Plus d’une aux bras de son vainqueurVa commettre de tout son cœurDes péchés roses.