C’est ainsi (Max Waller)
C’est ainsi
Faire des vers, des vers gamins,Et rire, et rire, et rire encore,Et, comme un pierrot qui picore,Cueillir leurs parfums aux jasmins ;Forger des vers comme des armes,Pointus, effilés, sans merci,Ou, pour expier son souci,Égrener des ave de larmes,C’est bon supérieurementEt tout le reste est journalisme ;La strophe d’or est comme un prismeOù s’irise le firmament.Et crevât-on, phtisique et blême,Avec des recors à la clé,Le violon qu’on a râcléLaisse des notes en nous-même.
La flûte, avec ses quatre trous,Quatre regards de mélodie,Quand elle est triste, psalmodieComme un martyr sous les verrous ;Et rien n’y fait, ni les gendarmes,Ni les huissiers, ni les tailleurs ;L’air de flûte a toujours des larmesEn attendant des jours meilleurs !