Au Seigneur des Essars N de Herberay
Au grand desir, à l’instante requesteDe tant d’amis dont tu peux disposer,Voudrois tu bien, ô ami, t’opposerPar un refus de chose tres honneste ?Chacun te prie et je t’en admoneste,Que l’Amadis qu’il t’a pleu composerVeuilles permettre au monde et exposer,Car par tes faits gloire et honneur acqueste.Estimes tu que Cesar ou CamilleDoivent le cours de leur claire memoireAu marbre, ou fer, à ciseau ou enclume ?
Toute statuë ou medaille est fragileAu fil des ans, mais la durable gloireVient de main docte et bien disante plume.