Traduction Séguier — 15

Ovid (43 a. C. – 17 d. C.)

Traducido del latín por Ulysse de Séguier

Les Amours

Plaignez-moi. Sa réponse est triste. Elle m’apporteCes seuls mots : « Impossible, hélas ! »Les présages sont vrais : tantôt, près de ma porte,J’ai vu Napé faire un faux pas.Une autre fois, Napé, sois sobre et cours moins vite ;D’un pied plus sûr quitte mon seuil.Vous, tablettes, fuyez ! Dehors, cire maudite,Cire où se grave un tel accueil !

Une abeille de Corse, en quête de ciguë,Te forma d’un miel repoussant.Au riant vermillon ta couleur semblait due ;Erreur ! ce rouge était du sang.Va donc aux carrefours, bois nul, bois misérable !Qu’un char t’écrase au coin d’un mur !Qui, pour te façonner, t’enleva de l’érable,Des deux mains certe était impur.Cet arbre à des pendus fournit un appui sombre ;Il fournit des croix aux bourreaux.Le vautour, le hibou nichèrent sous son ombre ;L’orfraie habita ses rameaux.Et j’ai pu confier mes vœux à sa dépouille,La charger de propos d’amour !Ah ! mieux lui convenaient les phrases que barbouilleUn juge hostile, à l’esprit lourd ;Ou bien les vils calculs de l’avare, au suppliceQuand un as manque à son total.Doubles l’on vous nomma, tablettes ; c’est justice :Ce nombre, au reste, était fatal.Pour mon dernier souhait, que certaine immondiceVous entraîne à l’égout final !