Traduction Séguier — 21

Ovid (43 a. C. – 17 d. C.)

Traducido del latín por Ulysse de Séguier

Les Amours

Fâcheux gardien que toi, qui n’es homme ni femmeEt pour Vénus vis sans ressort !Celui dont le rasoir te mutila, l’infâme,Eût mérité le même sort.À mes vœux suppliants tu serais plus docileSi quelque amour te pénétrait.Pour lutter, galoper, toi, ton corps est débile ;Un glaive lourd t’accablerait.

Ce sont actes virils ; renonce à leur vaillance.Sous d’autres drapeaux résigné,Complais à ta maîtresse, obtiens sa bienveillance.Que ferais-tu, d’elle éloigné ?Tout invite au plaisir, ses attraits, sa jeunesse ;La tenir dans l’ombre est honteux.Elle aurait pu tromper ton œil ouvert sans cesse :Complot d’amour triomphe à deux.Mais te prier vaut mieux ; or donc, ma voix te presse,Sers-nous, tandis que tu le peux.