Traduction Séguier — 35
Traducido del latín por Ulysse de Séguier
Les Amours
Si l’on trouve honteux le joug d’une beauté,Pour moi, j’assume cette honte.Que l’on m’infame, soit ! pourvu que d’AmathontePlus doucement j’aille traité.Ah ! puisqu’il fallait vivre esclave d’une belle,Que n’eus-je belle au tendre accueil ?L’air beau rend fier : Corinne est d’un féroce orgueil ;Pourquoi si bien se connaît-elle ?
C’est son miroir qui fait son ton impérieux ;Et, toute ornée, elle s’y mire.Pourtant si ton éclat t’assure en tout l’empire,Astre né pour ravir mes yeux,De nous tu ne dois faire un sanglant parallèle :L’infime au grand peut s’adapter.On sait que Calypso voulut, nymphe, arrêterUn simple humain, amant rebelle.On sait que de Thétis un roi grec fut l’époux.Égérie aimait le bon Nume ;Vénus souffrait Vulcain, quoique, en quittant l’enclume,Clochât d’un pied l’affreux jaloux.Ces vers sont inégaux : cependant l’héroïqueAu pentamètre s’unit bien.
Enchaîne-moi de même à ta guise, ô mon bien ;De ton lit règne, tyrannique.Point ne t’accuserai, même en cas d’abandon ;Va, tu béniras nos tendresses.Qu’à tes yeux mes doux vers tiennent lieu de richesses ;D’eux mainte femme attend un nom.J’en sais une qui va s’intitulant Corinne ;Que ne donnerait-elle pasPour dire vrai ? Mais comme en ses flots l’EurotasNe voit couler nulle onde Alpine,Aucune autre que toi n’inspirera mes chants :Tu dicteras les plus touchants.