Traduction Séguier — 39
Traducido del latín por Ulysse de Séguier
Les Amours
Nulle visée hippique en ce lieu ne m’amène :La palme à ton héros pourtant !Je viens pour te parler, respirer ton haleine,Te montrer mon cœur palpitant.Toi, tu veux voir les Jeux, moi, ton front : qu’à sa guiseChacun repaisse son regard.Heureux l’automédon que ton goût favorise !De te plaire il possède l’art.
Si je l’avais, soudain des coursiers dans l’arèneM’emporteraient tourbillonnant.Mon fouet mordrait rapide, où lâche irait ma rêne ;J’appuierais ma roue au tournant.Te verrais-je en ma course, adieu mon entreprise !Des doigts mes guides d’échapper.Ta vue, Hippodamie, aux carrières de PiseFit que Pélops faillit tomber.Il vainquit toutefois, au gré de sa maîtresse :Que tout amant triomphe ainsi !Pourquoi t’éloignes-tu ? Même gradin nous presse ;Le règlement m’aide en ceci.
Mais vous, de la tenue, à droite de ma belle ;Vous la gênez, en vous penchant.Repliez vos jarrets, vous placé derrière elle.De grâce, un genou moins tranchant.Ta robe sur le sol a ses franges traînantes ;Relève-les, ou de ma main…Robe, tu jalousais des jambes si charmantes :Les voir, seule, était ton dessein.Atalante eut ainsi jambe fine et charnue,Que convoitait Mélanion ;Diane a la pareille, alors que, demi-nue,Elle poursuit biche et lion.J’en rêve, et ne les vis : des tiennes que sera-ce ?Tu fais brûler brûlant flambeau.Je calcule, aux attraits semés à la surface,
Combien le fond doit être beau.En attendant, veux-tu d’un zéphyr agréable ?Mes tablettes t’en tiendront lieu,À moins de n’avoir pris la chaleur qui t’accableÀ ma flamme, en ton propre feu.Je parle, et de grains noirs la poussière t’offense…?Poudre immonde, fuis ces bras blancs !Mais voici le cortège : attention ! silence !Puis, acclamons les nobles rangs.
En tête est la Victoire, aux ailes déployées :Déesse, ici rends-moi vainqueur !Applaudissez Neptune, âmes par lui choyées ;Moi, non : à la terre mon cœur.Guerriers, saluez Mars ! je hais, moi, les blessures ;J’aime la paix, l’amour, son fruit.Phébé, ris aux chasseurs ; toi, Phébus, aux augures ;Stimule, ô Pallas, l’homme instruit.Laboureurs, bénissez Cérès, le dieu des vignes :Lutteurs, écuyers, les Gémeaux.Nous, adorons Vénus et ses archers insignes.Ô Cypris, abrège mes maux,Éclaire ma voisine, ordonne qu’elle m’aime !Vénus d’un signe m’a dit : Oui.Ce qu’elle m’a promis, confirme-le toi-même :Je te divinise, ébloui.Va, par toi je le jure et par ces dieux splendides,Tu seras ma mie en tout temps.
Mais tes jambes pendaient ; à ces barreaux solidesTu peux fixer tes pieds flottants.
C’est l’heure des grands jeux : le Préteur aux quadrigesOuvre la lice ; ils vont égaux.Je vois qui t’a su plaire. Il fera des prodiges.Tes vœux pénètrent ses chevaux.Oh ! l’imprudent ! quel cercle à hauteur de la borne !Ton rival la rase de près ;Il te dépasse… hélas ! ta dame en reste morne…Tends la rêne gauche à l’excès !Ce n’est qu’un maladroit. Romains, qu’on le rappelle ;Agitez partout vos manteaux.Le voilà : mais de peur qu’on ne te déchevèle,Cache en mes plis tes blonds anneaux.
On rouvre, et l’on reprend : le groupe discoloreRelance ses chevaux fougueux.Cette fois réussis, les espaces dévore,Et contente nos doubles vœux.Ma belle est exaucée, et moi, non. — Chère rose,N’aurai-je point ma palme aussi ?…Elle rit, son œil vif me promet quelque chose ;C’est bien : le reste hors d’ici.