Mon âge mûr qui me grommelle

Paul Verlaine (1844–1896)

Dédicaces

Mon âge mûr qui ne grommelleEn somme qu’encore très pouAime le joli pêle-mêleD’un ballet turc ou camaïeu

Ou tout autre, fol et sublimeTour à tour comme en même tempsSurtout si vient la pantomimeS’ébattre en jeux concomitants,

Jeux de silence et de mystèreQue la musique rend déjàPlus muets, et dont l’art va taireMieux le secret, qu’il ne lâcha

Qu’à l’oreille de ColombineOu de l’indolente Zulmé :Pour l’amant, qu’il se turlupineDonc à tort ! Puisqu’il est l’aimé !

La jalousie, — un sultan sombreEt piteux sous l’or du caftan,Scaramouche tout noir dans l’ombre,Ou tel splendide capitan, —

Se démène parmi les dansesD’épithalame et de joyeuxPourchas légers entre les densesRonds de jupe essorés aux cieux,

Plaisirs des yeux, plaisirs de têteQu’un vif orchestre exalte encor,Donnez au vieillissant poèteL’illusion dans le décor.