À Albert Mérat
Jadis et naguère (1884)
Et nous voilà très doux à la bêtise humaine,Lui pardonnant vraiment et même un peu touchésDe sa candeur extrême et des torts très légersDans le fond qu’elle assume et du train qu’elle mène.
Pauvres gens que les gens ! Mourir pour Célimène,Épouser Angélique ou venir de nuit chezAgnès et la briser, et tous les sots péchés,Tel est l’Amour encor plus faible que la Haine !
L’Ambition, l’Orgueil, des tours dont vous tombez,Le Vin, qui vous imbibe et vous tord imbibés,L’Argent, le Jeu, le Crime, un tas de pauvres crimes !
C’est pourquoi mon très cher Mérat, Mérat et moi,Nous étant dépouillés de tout banal émoi,Vivons dans un dandysme épris des seules Rimes !