Dizain mil huit cent trente
Jadis et naguère (1902)
DIZAIN MIL HUIT CENT TRENTE
Je suis né romantique et j’eusse été fatalEn un frac très étroit aux boutons de métal,Avec ma barbe en pointe et mes cheveux en brosse.Hablant espanol, très loyal et très féroce,L’œil idoine à l’œillade et chargé de défis.Beautés mises à mal et bourgeois déconfitsEussent bondé ma vie et soûlé mon cœur d’homme.Pâle et jaune, d’ailleurs, et taciturne commeUn enfant scrofuleux dans un Escurial…Et puis j’eusse été si féroce et si loyal !