Ballade de la vie en rouge
Parallèlement
BALLADE DE LA VIE EN ROUGE
L’un toujours vit la vie en rose,Jeunesse qui n’en finit plus,Seconde enfance moins morose,Ni vœux, ni regrets superflus.Ignorant tout flux et reflux,Ce sage pour qui rien ne bougeRègne instinctif : tel un phallus.Mais moi je vois la vie en rouge.L’autre ratiocine et gloseSur des modes irrésolus,Soupesant, pesant chaque choseDe mains gourdes aux lourds calus.Lui faudrait du temps tant et plusPour se risquer hors de son bouge.Le monde est gris à ce reclus.Mais moi je vois la vie en rouge.
Lui, cet autre alentour il oseJeter des regards bien voulus,Mais, sur quoi que son œil se pose,Il s’exaspère où tu te plus,Œil des philanthropes joufflus ;Tout lui semble noir, vierge ou gouge,Les hommes, vins bus, livres lus,Mais moi je vois la vie en rouge.
envoi
Prince et princesse, allez, élus,En triomphe par la route où jeTrime d’ornières en talus.Mais moi je vois la vie en rouge.