Nevermore (1)

Paul Verlaine (1844–1896)

Poèmes saturniens (1902)

IINEVERMORE

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automneFaisait voler la grive à travers l’air atone,Et le soleil dardait un rayon monotoneSur le bois jaunissant où la bise détone.Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :« Quel fut ton plus beau jour ! » fit sa voix d’or vivant,Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.Un sourire discret lui donna la réplique,Et je baisai sa main blanche, dévotement.— Ah ! les premières fleurs qu’elles sont parfumées !Et qu’il bruit avec un murmure charmantLe premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !