Spleen

Paul Verlaine (1844–1896)

Romances sans paroles (1891)

SPLEEN

Les roses étaient toutes rouges,Et les lierres étaient tout noirs.Chère, pour peu que tu te bouges,Renaissent tous mes désespoirs.Le ciel était trop bleu, trop tendre,La mer trop verte et l’air trop douxJe crains toujours, — ce qu’est d’attendreQuelque fuite atroce de vous.

Du houx à la feuille vernieEt du luisant buis je suis las,Et de la campagne infinieEt de tout, fors de vous, hélas !