Ô triste, triste était mon âme

Paul Verlaine (1844–1896)

Romances sans paroles (1891)

VII

Ô triste, triste était mon âmeÀ cause, à cause d’une femme.Je ne me suis pas consoléBien que mon cœur s’en soit allé,Bien que mon cœur, bien que mon âmeEussent fui loin de cette femme.Je ne me suis pas consolé,Bien que mon cœur s’en soit allé.Et mon cœur, mon cœur trop sensibleDit à mon âme : Est-il possible,

Est-il possible, — le fût-il, —Ce fier exil, ce triste exil ?Mon âme dit à mon cœur : Sais-jeMoi-même, que nous veut ce piègeD’être présents bien qu’exilés,Encore que loin en allés ?