Othon — Acte V
Je vous le dis encor, redoutez ma vengeance,1490Pour peu que vous soyez de son intelligence.On ne pardonne point en matière d’État :Plus on chérit la main, plus on hait l’attentat ;Et lorsque la fureur va jusqu’au sacrilége,Le sexe ni le sang n’ont point de privilége.
1495Cet indigne soupçon seroit bientôt détruit,Si vous voyiez du crime où doit aller le fruit.Othon, qui pour Plautine au fond du cœur soupire,Othon, qui me dédaigne à moins que de l’empire,S’il en fait sa conquête, et vous peut détrôner,1500Laquelle de nous deux voudra-t-il couronner ?Pourrois-je de Pison conspirer la ruine,Qui m’arrachant du trône y porteroit Plautine ?Croyez mes intérêts, si vous doutez de moi ;Et sur de tels garants, assuré de ma foi,1505Tournez sur Vinius toute la défianceDont veut ternir ma gloire une injuste croyance.
Vinius par son zèle est trop justifié.Voyez ce qu’en un jour il m’a sacrifié :
Il m’offre Othon pour vous, qu’il souhaitoit pour gendre ;1510Je le rends à sa fille, il aime à le reprendre ;Je la veux pour Pison, mon vouloir est suivi ;Je vous mets en sa place, et l’en trouve ravi ;Son ami se révolte, il presse ma colère ;Il donne à Martian Plautine à ma prière :1515Et je soupçonnerois un crime dans les vœuxD’un homme qui s’attache à tout ce que je veux ?
Qui veut également tout ce qu’on lui propose,Dans le secret du cœur souvent veut autre chose ;Et maître de son âme, il n’a point d’autre foi1520Que celle qu’en soi-même il ne donne qu’à soi.
Cet hymen toutefois est l’épreuve dernièreD’une foi toujours pure, inviolable, entière.
Vous verrez à l’effet comment elle agira,Seigneur, et comme enfin Plautine obéira.1525Sûr de sa résistance, et se flattant peut-êtreDe voir bientôt ici son cher Othon le maître,Dans l’état où pour vous il a mis l’avenir,Il promet aisément plus qu’il ne veut tenir.
Le devoir désunit l’amitié la plus forte,1530Mais l’amour aisément sur ce devoir l’emporte ;Et son feu, qui jamais ne s’éteint qu’à demi,Intéresse une amante autrement qu’un ami.J’aperçois Vinius. Qu’on m’amène sa fille :J’en punirai le crime en toute la famille,
1535Si jamais je puis voir par où n’en point douter ;Mais aussi jusque-là j’aurois tort d’éclater.
Je vois d’ailleurs Lacus. Eh bien ! quelles nouvelles ?Qu’apprenez-vous tous deux du camp de nos rebelles ?
Que ceux de la marine et les Illyriens1540Se sont avec chaleur joints aux prétoriens,Et que des bords du Nil les troupes rappeléesSeules par leurs fureurs ne sont point ébranlées.
Tous ces mutins ne sont que de simples soldats ;Aucun des chefs ne trempe en leurs vains attentats :1545Ainsi ne craignez rien d’une masse d’arméeOù déjà la discorde est peut-être allumée.Sitôt qu’on y saura que le peuple à grands crisVeut que de ces complots les auteurs soient proscrits,Que du perfide Othon il demande la tête,1550La consternation calmera la tempête ;Et vous n’avez, Seigneur, qu’à vous y faire voirPour rendre d’un coup d’œil chacun à son devoir.
Irons-nous, Vinius, hâter par ma présenceL’effet d’une si douce et si juste espérance ?
1555Ne hasardez, Seigneur, que dans l’extrémité,Le redoutable effet de votre autorité.Alors qu’il réussit, tout fait jour, tout lui cède ;Mais aussi quand il manque, il n’est plus de remède.Il faut, pour déployer le souverain pouvoir,1560Sûreté toute entière, ou profond désespoir ;Et nous ne sommes pas, Seigneur, à ne rien feindre,En état d’oser tout, non plus que de tout craindre.Si l’on court au grand crime avec avidité,Laissez-en ralentir l’impétuosité :1565D’elle-même elle avorte, et la peur des supplicesArme contre le chef ses plus zélés complices.Un salutaire avis agit avec lenteur.
Un véritable prince agit avec hauteur :Et je ne conçois point cet avis salutaire,1570Quand on couronne Othon, de le regarder faire.Si l’on court au grand crime avec avidité,Il en faut réprimer l’impétuositéAvant que les esprits, qu’un juste effroi balance,S’y puissent enhardir sur notre nonchalance,1575Et prennent le dessus de ces conseils prudents,Dont on cherche l’effet quand il n’en est plus temps.
Vous détruirez toujours mes conseils par les vôtres :Le seul ton de ma voix vous en inspire d’autres ;Et tant que vous aurez ce rare et haut crédit,
1580Je n’aurai qu’à parler pour être contredit.Pison, dont l’heureux choix est votre digne ouvrage,Ne seroit que Pison s’il eût eu mon suffrage.Vous n’avez soulevé Martian contre OthonQue parce que ma bouche a proféré son nom ;1585Et verriez comme un autre une preuve assez claireDe combien votre avis est le plus salutaire,Si vous n’aviez fait vœu d’être jusqu’au trépasL’ennemi des conseils que vous ne donnez pas.
Et vous l’ami d’Othon, c’est tout dire ; et peut-être1590Qui le vouloit pour gendre et l’a choisi pour maître,Ne fait encor de vœux qu’en faveur de ce choix,Pour l’avoir et pour maître et pour gendre à la fois.
J’étois l’ami d’Othon, et le tenois à gloireJusqu’à l’indignité d’une action si noire,1595Que d’autres nommeront l’effet du désespoirOù l’a, malgré mes soins, plongé votre pouvoir.Je l’ai voulu pour gendre, et choisi pour l’empire ;À l’un ni l’autre choix vous n’avez pu souscrire.Par là de tout l’état le bonheur s’agrandit ;1600Et vous voyez aussi comme il vous applaudit.
Qu’un prince est malheureux quand de ceux qu’il écouteLe zèle cherche à prendre une diverse route,Et que l’attachement qu’ils ont au propre sensPousse jusqu’à l’aigreur des conseils différents !1605Ne me trompé-je point ? et puis-je nommer zèleCette haine à tous deux obstinément fidèle,
Qui peut-être, en dépit des maux qu’elle prévoit,Seule en mes intérêts se consulte et se croit ?Faites mieux ; et croyez, en ce péril extrême,1610Vous, que Lacus me sert, vous, que Vinius m’aime :Ne haïssez qu’Othon, et songez qu’aujourd’huiVous n’avez à parler tous deux que contre lui.
J’ose donc vous redire, en serviteur sincère,Qu’il fait mauvais pousser tant de gens en colère,1615Qu’il faut donner aux bons, pour s’entre-soutenir,Le temps de se remettre et de se réunir,Et laisser aux méchants celui de reconnoîtreQuelle est l’impiété de se prendre à son maître.Pison peut cependant amuser leur fureur,1620De vos ressentiments leur donner la terreur,Y joindre avec adresse un espoir de clémenceAu moindre repentir d’une telle insolence ;Et s’il vous faut enfin aller à son secours,Ce qu’on veut à présent on le pourra toujours.
1625J’en doute, et crois parler en serviteur sincère,Moi qui n’ai point d’amis dans le parti contraire.Attendrons-nous, seigneur, que Pison repousséNous vienne ensevelir sous l’État renversé,Qu’on descende en la place en bataille rangée,1630Qu’on tienne en ce palais votre cour assiégée,Que jusqu’au Capitole Othon aille à vos yeuxDe l’empire usurpé rendre grâces aux Dieux,Et que le front paré de votre diadème,
Ce traître trop heureux ordonne de vous-même ?1635Allons, allons, Seigneur, les armes à la main,Soutenir le sénat et le peuple romain ;Cherchons aux yeux d’Othon un trépas à leur tête,Pour lui plus odieux, et pour nous plus honnête ;Et par un noble effort allons lui témoigner…
1640Eh bien ! ma nièce, eh bien ! est-il doux de régner ?Est-il doux de tenir le timon d’un empire,Pour en voir les soutiens toujours se contredire ?
Plus on voit aux avis de contrariétés,Plus à faire un bon choix on reçoit de clartés.1645C’est ce que je dirois si je n’étois suspecte ;Mais je suis à Pison, seigneur, et vous respecte,Et ne puis toutefois retenir ces deux mots,Que si l’on m’avait crue on seroit en repos.Plautine qu’on amène aura même pensée :1650D’une vive douleur elle paroît blessée…
Je ne m’en défends point, madame, Othon est mort ;De quiconque entre ici c’est le commun rapport ;Et son trépas pour vous n’aura pas tant de charmes,Qu’à vos yeux comme aux miens il n’en coûte des larmes.
1655Dit-elle vrai, Rutile, ou m’en flatté-je en vain ?
Seigneur, le bruit est grand, et l’auteur incertain.Tous veulent qu’il soit mort, et c’est la voix publique ;Mais comment et par qui, c’est ce qu’aucun n’explique.
Allez, allez, Lacus, vous-même prendre soin1660De nous en faire voir un assuré témoin,Et si de ce grand coup l’auteur se peut connaître…
Qu’on ne le cherche plus, vous le voyez paroître,Seigneur, c’est par sa main qu’un rebelle puni…
Par celle d’Atticus ce grand trouble a fini !
1665Mon zèle l’a poussée, et les Dieux l’ont conduite ;Et c’est à vous, Seigneur, d’en arrêter la suite,D’empêcher le désordre, et borner les rigueursOù contre des vaincus s’emportent des vainqueurs.
Courons-y. Cependant consolez-vous, Plautine ;
1670Ne pensez qu’à l’époux que mon choix vous destine :Vinius vous le donne, et vous l’accepterez,Quand vos premiers soupirs seront évaporés.C’est à vous, Martian, que je la laisse en garde.Comme c’est votre main que son hymen regarde,1675Ménagez son esprit, et ne l’aigrissez pas.Vous pouvez, Vinius, ne suivre point mes pas ;Et la vieille amitié, pour peu qu’il vous en reste…
Ah ! c’est une amitié, Seigneur, que je déteste.Mon cœur est tout à vous, et n’a point eu d’amis1680Qu’autant qu’on les a vus à vos ordres soumis.
Suivez ; mais gardez-vous de trop de complaisance.
L’entretien des amants hait toute autre présence,Madame ; et je retourne en mon appartementRendre grâces aux dieux d’un tel événement.
1685Allez-y renfermer des pleurs qui vous échappent :Les désastres d’Othon ainsi que moi vous frappent ;Et si l’on avoit cru vos souhaits les plus doux,Ce grand jour le verroit couronner avec vous.Voilà, voilà le fruit de m’avoir trop aimée ;Voilà quel est l’effet…
1690Voilà quel est l’effet…Si votre âme enflammée…
Vil esclave, est-ce à toi de troubler ma douleur ?Est-ce à toi de vouloir adoucir mon malheur,À toi, de qui l’amour m’ose en offrir un pire ?
Il est juste d’abord qu’un si grand cœur soupire ;1695Mais il est juste aussi de ne pas trop pleurerUne perte facile et prête à réparer.Il est temps qu’un sujet à son prince fidèleRemplisse heureusement la place d’un rebelle :Un monarque le veut ; un père en est d’accord.1700Vous devez pour tous deux vous faire un peu d’effort,Et bannir de ce cœur la honteuse mémoireD’un amour criminel qui souille votre gloire.
Lâche ! tu ne vaux pas que pour te démentirJe daigne m’abaisser jusqu’à te repartir.1705Tais-toi, laisse en repos une âme possédéeD’une plus agréable encor que triste idée :N’interromps plus mes pleurs.
N’interromps plus mes pleurs.Tournez vers moi les yeux :Après la mort d’Othon, que pouvez-vous de mieux ?
Quelque insolent espoir qu’ait ta folle arrogance,1710Apprends que j’en saurai punir l’extravagance,Et percer de ma main ou ton cœur ou le mien,Plutôt que de souffrir cet infâme lien.
Connois-toi, si tu peux, ou connois-moi.
Connois-toi, si tu peux, ou connois-moi.De grâce,Souffrez…
Souffrez…De me parler tu prends aussi l’audace,1715Assassin d’un héros que je verrois sans toiDonner des lois au monde, et les prendre de moi ?Toi, dont la main sanglante au désespoir me livre ?
Si vous aimez Othon, Madame, il va revivre ;Et vous verrez longtemps sa vie en sûreté,1720S’il ne meurt que des coups dont je me suis vanté.
Othon vivroit encore ?
Othon vivrait encore ?Il triomphe, Madame ;Et maître de l’État, comme vous de son âme,Vous l’allez bientôt voir lui-même à vos genouxVous faire offre d’un sort qu’il n’aime que pour vous,1725Et dont sa passion dédaigneroit la gloire,Si vous ne vous faisiez le prix de sa victoire.L’armée à son mérite enfin a fait raison ;On porte devant lui la tête de Pison ;Et Camille tient mal ce qu’elle vient de dire,1730Ou rend grâces pour vous aux Dieux d’un autre empire,Et fatigue le ciel par des vœux superflusEn faveur d’un parti qu’il ne regarde plus.
Exécrable ! Ainsi donc ta promesse frivole…
Qui promet de trahir peut manquer de parole.1735Si je n’eusse promis ce lâche assassinat,Un autre par ton ordre eût commis l’attentat ;Et tout ce que j’ai dit n’était qu’un stratagèmePour livrer en ses mains Lacus et Galba même.Galba n’a rien à craindre : on respecte son nom,1740Et ce n’est que sous lui que veut régner Othon.Quant à Lacus et toi, je vois peu d’apparenceQue vos jours à tous deux soient en même assurance,Si ce n’est que Madame ait assez de bontéPour fléchir un vainqueur justement irrité.1745Autour de ce palais nous avions deux cohortes,Qui déjà pour Othon en ont saisi les portes ;J’y commande, Madame ; et mon ordre aujourd’huiEst de vous obéir, et m’assurer de lui.Qu’on l’emmène, soldats ! il blesse ici la vue.
1750Fut-il jamais disgrâce, ô Dieux ! plus imprévue ?
Je me trouble, et ne sais par quel pressentimentMon cœur n’ose goûter ce bonheur pleinement :Il semble avec chagrin se livrer à la joie ;Et bien qu’en ses douceurs mon déplaisir se noie,1755Je ne passe de l’une à l’autre extrémitéQu’avec un reste obscur d’esprit inquiété.Je sens… Mais que me veut Flavie épouvantée ?
Vous dire que du ciel la colère irritée,Ou plutôt du destin la jalouse fureur…
1760Auroient-ils mis Othon aux fers de l’Empereur ?Et dans ce grand succès la fortune inconstanteAuroit-elle trompé notre plus douce attente ?
Othon est libre, il règne ; et toutefois, hélas !…
Seroit-il si blessé qu’on craignît son trépas ?
1765Non, partout à sa vue on a mis bas les armes ;Mais enfin son bonheur vous va coûter des larmes.
Explique, explique donc ce que je dois pleurer.
Vous voyez que je tremble à vous le déclarer.
Le mal est-il si grand ?
Le mal est-il si grand ?D’un balcon, chez mon frère,1770J’ai vu… Que ne peut-on, Madame, vous le taire ?Ou qu’à voir ma douleur n’avez-vous devinéQue Vinius…
Que Vinius…Eh bien ?
Que Vinius…Eh bien ?Vient d’être assassiné ?
Juste ciel !
Juste ciel !De Lacus l’inimitié cruelle…
Ô d’un trouble inconnu présage trop fidèle !Lacus…
1775Lacus…C’est de sa main que part ce coup fatal.Tous deux près de Galba marchoient d’un pas égal,Lorsque tournant ensemble à la première rue,Ils découvrent Othon maître de l’avenue.Cet effroi ne les fait reculer quelques pas1780Que pour voir ce palais saisi par vos soldats ;Et Lacus aussitôt étincelant de rageDe voir qu’Othon partout leur ferme le passage,Lance sur Vinius un furieux regard,L’approche sans parler, et tirant un poignard…
1785Le traître ! Hélas ! Flavie, où me vois-je réduite !
Vous m’entendez, Madame ; et je passe à la suite.Ce lâche sur Galba portant même fureur :« Mourez, Seigneur, dit-il, mais mourez empereur ;Et recevez ce coup comme un dernier hommage1790Que doit à votre gloire un généreux courage ».
Galba tombe ; et ce monstre, enfin s’ouvrant le flanc,Mêle un sang détestable à leur illustre sang.En vain le triste Othon, à cet affreux spectacle,Précipite ses pas pour y mettre un obstacle :1795Tout ce que peut l’effort de ce cher conquérant,C’est de verser des pleurs sur Vinius mourant,De l’embrasser tout mort. Mais le voilà, Madame,Qui vous fera mieux voir les troubles de son âme.
Madame, savez-vous les crimes de Lacus ?
1800J’apprends en ce moment que mon père n’est plus.Fuyez, Seigneur, fuyez un objet de tristesse ;D’un jour si beau pour vous goûtez mieux l’allégresse.Vous êtes empereur, épargnez-vous l’ennuiDe voir qu’un père…
De voir qu’un père…Hélas ! je suis plus mort que lui ;1805Et si votre bonté ne me rend une vieQu’en lui perçant le cœur un traître m’a ravie,Je ne reviens ici qu’en malheureux amant,Faire hommage à vos yeux de mon dernier moment.Mon amour pour vous seule a cherché la victoire ;
1810Ce même amour sans vous n’en peut souffrir la gloire,Et n’accepte le nom de maître des Romains,Que pour mettre avec moi l’univers en vos mains.C’est à vous d’ordonner ce qui lui reste à faire.
C’est à moi de gémir, et de pleurer mon père :1815Non que je vous impute, en ma vive douleur,Les crimes de Lacus et de notre malheur ;Mais enfin…
Mais enfin… Achevez, s’il se peut, en amante :Nos feux…
Nos feux… Ne pressez point un trouble qui s’augmente.Vous voyez mon devoir, et connoissez ma foi :1820En ce funeste état répondez-vous pour moi.Adieu, Seigneur.
Adieu, Seigneur.De grâce, encore une parole,Madame.
Madame. On vous attend, Seigneur, au Capitole ;Et le sénat en corps vient exprès d’y monterPour jurer sur vos lois aux yeux de Jupiter.
1825J’y cours ; mais quelque honneur, Albin, qu’on m’y destine,Comme il n’auroit pour moi rien de doux sans Plautine,
Souffre du moins que j’aille, en faveur de mon feu,Prendre pour y courir son ordre ou son aveu,Afin qu’à mon retour, l’âme un peu plus tranquille,1830Je puisse faire effort à consoler Camille,Et lui jurer moi-même, en ce malheureux jour,Une amitié fidèle au défaut de l’amour.