Les heures morbides

Pierre Corrard (1877–1914)

Les Opalines

LES HEURES MORBIDES

La caresse de ce matin glacé,Vêtu de banalité grise,À la froideur horrible qui me griseDes cadavres que je baisai.Le déclin de ce jour morbide, dontSe pare à l’horizon l’agonie,Est fardé comme ces filles honniesAux redoutables abandons.Et le sommeil fiévreux, où mon cœur bout,En cette nuit d’horreur, la pire,À l’ardeur muette d’un vampire,Qui, recueilli, vous suce jusqu’au bout.