Poème 123
Les Amours (1553)
Di l'un des deus, sans tant me deguiserLe peu d'amour que ton semblant me porte :Je ne sauroi, veu ma peine si forte,Tant lamenter ne tant Petrarquiser.
Si tu le veus, que sert de refuserCe dous present dont l'espoir me conforte ?
Si non, pourquoi, d'une esperance mortePais tu ma vie, affin de l'abuser ?
L'un de tes yeus dans les enfers me ruë,L'autre à l'envi tour à tour s'évertuëDe me remettre en paradis encor :
Ainsi tes yeus pour causer mon renaitre,Et puis ma mort, sans cesse me font estre,Ore un Pollux, & ores un Castor.