Poème 147
Les Amours (1553)
Lune à l’oeil brun, la dame aus noirs chevaus,Qui ça qui là, qui haut qui bas te tournent,Et de retours, qui jamais ne sejournent,Trainent ton char eternel en travaus.
A tes desseins les miens ne sont égaus,Car les amours qui ton coeur epoinçonnent,Et ceus aussi qui mon coeur eguillonnent,Divers souhaits desirent à leurs maus.
Toi mignotant ton dormeur de Latmie,Tu voudrois bien qu’une course endormieEmblât le train de ton char qui s’enfuit:
Mais moi qu’Amour toute la nuit devore,Las, des le soir je souhaitte l’Aurore,Pour voir le jour, que me celoit ta nuit.