Poème 157
Les Amours (1553)
Puissai-je avoir cette Fére aussi viveEntre mes bras, qu’elle est vive en mon coeur :Un seul moment gariroit ma langueur,Et ma douleur feroit aller à rive.
Plus elle court, & plus elle est fuitive,Par le sentier d’audace, & de rigueur,Plus je me lasse, & recreu de vigueur,Je marche apres d’une jambe tardive
Au moins ecoute, & ralente tes pas :Comme veneur je ne te poursui pas,Ou comme archer qui blesse à l’impourveüe :
Mais comme ami piteusement touchéDu fer cruel, qu’Amour m’a decoché,Faisant un trait des rais de ta veüe.