Poème 165
Les Amours (1553)
En escrimant un Démon m'élança,Le mousse fil d'une arme rabatue,Qui de sa pointe aus autres non pointue,Iusques à l'os le coude m'offença.
La tout le bras à seigner commença,Quand par pitié la beauté qui me tuë,De l'estancher, soigneuse s'esuertuë,Et de ces dois ma plaie elle pança.
Las, di-ie lors, si tu as quelque enuieDe soulager les plaies de ma vie,Et lui donner sa premiere vigueur,
Non cette ci, mais de ta pitié sondeL'âpre tourment d'une autre plus profonde,Que vergogneus ie cele dans mon coeur.