Poème 213
Les Amours (1553)
Mon dieu que j’aime à baiser les beaus yeusDe ma maitresse, et à tordre en ma boucheDe ses cheveus l’or fin qui s’écarmoucheSi gaïement dessus deus petis cieus.
C’est, Amour, c’est ce qui lui sied le mieusQue ce bel œil, qui jusqu’au cœur me touche,Et ce beau poil, qui d’un Scythe farouchePrendroit le cœur en ses nous gracieus,
Ce beau poil d’or, et ce beau chef encoreDe leurs beautés font vergoigner l’Aurore,Quand plus crineuse elle embellit le ciel.
Et dans cet œil je ne sai quoi demeure,Qui me peut faire à toute heure, à toute heureLe sucre fiel, & riagas le miel.