« À Madame Élizabeth, Princesse Palatine, etc. », sans date dans Clerselier. Mais la présente lettre, écrite a « huit iours » après le passage de Chanut (p. 360, l. 2), est du commencement de juin 1649 (voir ci-avant, p. 358-359). — Réponse à une lettre perdue de la princesse Élisabeth.
Madame,
Puiſque voſtre Alteſſe deſire ſçauoir quelle a eſt ma reſolution touchant le voyage de Suede, ie luy diray que ie perſiſte dans le deffein d’y aller, en cas que la Reine continuë à témoigner qu’elle veut que i’y aille, & M. Chanut, noſtre Reſident) en ce païs-là, eſtant paſſé icy, il y a huit iours, pour aller en France, m’a parlé ſi auantageuſement de cette merueilleuſe Reine, que le chemin ne me ſemble plus ſi long ny ſi faſcheux qu’il faiſoit auparauant ; mais ie ne partiray point que ie n’aye receu encore vne ſois des nouuelles de ce païs-là, & ie taſcheray d’attendre le retour de M. Chanut pour faire le voyage auec luy, pource que i’eſpere qu’on le renuoyera en Suede. Au reſte, ie m’eſtimerois extremement heureux, ſi, lors que iy ſeray, i’eſtois capable de rendre quelque ſeruice à voſtre Alteſſe. Ie ne manqueray pas d’en rechercher auec ſoin les occaſions, & ne craindray point d’écrire ouuertement tout ce que i’auray fait ou penſé ſur ce ſuiet, à cauſe que, ne pouuant auoir aucune intention qui ſoit préiudiciable à ceux pour qui ie ſeray obligé d’auoir du reſpect, & tenant pour maxime que les voyes iuſtes & honneſtes ſont les plus vtiles & les plus ſures, encore que les lettres que i’écriray fuſſent vües, i’eſpere qu’elles ne pourront eſtre mal interpretées, ny tomber entre les mains de perſonnes qui ſoient ſi iniuſtes, que de trouuer mauuais que ie m’acquitte de mon deuoir & faſſe profeſſion ouuerte d’eſtre, &c.