Le Sang des Fleurs

Renée Vivien (1877–1909)

Cendres et Poussières (1902)

LE SANG DES FLEURS

Οἴαν τὰν υάκινθον ἐν οὔρεσι ποίμενες ἄνδρεςπόσσι καταστείβοισι, χάμαι δ’έπιπορφύρει ἄνθος.

ΨΑΠΦΑ.

e soir s’attriste encor de ses clartés éteintes.Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant,Et chantant leurs amours, les pâtres, en passant,Écrasent lourdement les frêles hyacinthes.

L’herbe est pourpre et semblable à des champs de combatsSous le rouge d’un ciel aux tons de cornaline,Et le sang de la fleur assombrit la colline.Le soleil pitoyable agonise là-bas.Sans aspirer la paix des divines campagnes,Je songe avec ferveur, et mon cœur inquietPorte le léger deuil et le léger regretDe la muette mort des fleurs sur les montagnes.