Pour Celle qui filait — 1
Pour Celle qui filait.
C’est pleurer que je voudrais,Ô fileuse de l’automne,Dans ta robe aux parfums fraisXxxOù ma main tâtonne.J’ai suivi par les citésLes pas des femmes mauvaises ;Mes baisers sont moins comptésXxxQu’au printemps les fraises.Ces pieds maintenant si las,Battaient-ils gaiement la ronde,Aux jours où sous les lilasXxxJe riais au monde !Mais voici que tout celaN’est que le rêve d’un rêve ;J’ai payé, bien au-delà,XxxMa volupté brève !
Revenu, par quels chemins !À ta paix, calme ouvrière,Je murmure entre tes mainsXxxLa vieille prière.Si tu sens, prise à l’émoiDe ces blanc mots de l’enfance,Un peu de pitié pour moiXxxQui suis sans défense,Ah ! baisse en larmes tes yeux,Ces yeux plus doux que des lèvres,Je croirai sentir les cieuxXxxFleurer sur mes fièvres !
Stuart MERRILL.