Thyeste

Sèneca (65)

Traducido por E. Greslou

· · · · · · · · · · Longum nefasEat in nepotes · · · · · · · · .

· · · · · · · · L’enfer m’ouvre un sépulcre éternel :Je porterai ma haine au fond de ses abîmes ;Nous y disputerons de malheurs et de crimes.Le séjour des forfaits, le séjour des tourmens,O Tantale ! ô mon père ! est fait pour tes enfans.Je suis digne de toi, tu dois me reconnaître,Et mes derniers neveux m’égaleront, peut-être.

(Pélopides, acte V, sc. 5.)

Discite justitiam moniti, et non temnece Divos.

Ἄργος ἄνυδρον ἐὸν Δαναὸς ποίησεν ἔνυδρον

Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge !· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·Il est beau de mourir après ses ennemis.

(Rodogune, acte V, sc. I.)

Vengeons tous nos affronts, mais par un tel forfait,Que Thyeste lui-même eût voulu l’avoir fait.

(Acte III, sc. 8.)

Je ne punirais point vos forfaits différens,Si je ne m’en vengeais par des forfaits plus grands.

(Atrée et Thyeste, acte III, sc. 8.)

Contre Thyeste enfin tout parait légitime

(Atrée et Thyeste, acte I, sc. 3)

Qu’il vive : ce n’est plus sa mort que je médite ;La mort n’est que la fin des tourmens qu’il mérite.

Que le perfide, en proie aux horreurs de son sort,Implore comme un bien la plus affreuse mort.

(Atrée et Thyeste, acte III, sc. 8.)

Is it a dagger Isee before me ? etc.

Roi de ses passions, il a (le sage) ce qu’il désire ;Son fertile domaine est son petit empire ;Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau, etc.

(RACAN.)

Qu’un homme est misérable à l’heure du trépas,Lorsqu’ayant négligé le seul point nécessaire,Il meurt connu de tous ; et ne se connaît pas !

Et que sais-je ? il y va, seigneur, de votre vie ;Tout m’est suspect · · · · · · · · · · · · · · ·· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·D’un noir pressentiment malgré moi prévenue,Je vous laisse à regret éloigner de ma vue.Hélas ! si cette paix, dont vous vous repaissez,Cachait contre vos jours quelques pièges dressés !

(RACINE, Britannicus, acte V, sc. I.)

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · Tune omnia jure tenebis,Quun poteris rex esse tui.

(IV Consul Honor., VIII, v. 262.)

Qui vit content de rien possède toute chose.

· · · · · · Tout ce qu’adore, en ma haute fortune,D’un courtisan flatteur la présence importune,N’est que de ces beautés dont l’éclat éblouit,Et qu’on cesse d’aimer sitôt qu’on en jouit.· · · · · · · · · · · · · · ·J’ai souhaité l’empire et j’y suis parvenu ;Mais, en le souhaitant je ne l’ai pas connu :Dans sa possession j’ai trouvé pour tous charmesD’effroyables soucis, d’éternelles alarmes,Mille ennemis secrets, la mort à tout propos,Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos.

(P. CORNEILLE, Cinna acte II sc. I.)

Contracta pisees æquora sentiunt,Jactis in altum molibus, etc.

Et moi, je ne vois rien dont mon cœur ne frémisse.De quelque crime affreux cette fête est complice :C’est assez qu’un tyran la consacre en ces lieux ;Et nous sommes perdus, s’il invoque les dieux.

(Acte V, sc. 2.)

Ah ! je ne fuirais pas, quel que fût mon effroi,Si mon cœur aujourd’hui ne tremblait que pour moi.

(Atrée et Thyeste, acte V, sc. 2.)

Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême ;Mais pour y renoncer, il faut la vertu même.

(P. CORNEILLE, Cinna, acte II, sc. I.)

Multaque prterea sacris in postibus arma,Captivi pendent currus, curvæque secures,Et cristæ capitum, et portarum ingentia claustra,Spiculaque, clypeique, ereptaque rostra cariois.

Hoc Priami gestamen erat, quum jura vocatisMore daret populis ; sceptrumque sacerque tiaras.

(VIRGIL., Æneid, liv. VII, v. 244.)

Et non ardentis fulgere incendia silvæ ?

· · · · · · · · · · · · Missa fugientia terga sagittaTrajicit : exstabat ferrum de vulnere aduncum.Quod simul evulsum est, sanguis per utrumque foramenEmicuit · · · · · · · · · ·

(Metam., lib. IX, v. 127.)

Atque ita semineces partim ferventibus artusMollit aquis, partim subjecto torruit igni.

Vivaque adhuc, animæque aliquid retinentia membraDitaniant : pars inde cavis exsultat ahenis,Pars verubas stridet.

Indignatur item privatis ac prope soccoDignis carminibus narrari scena Thyestæ.

Είρπον μεν ρινοί, κρέα δ’άμφ’οβελούς εμέμύκει,Οπταλέα τε και άμα βοών δ’ώς γίνετο φωνή

Les peaux rampaient sur la terre écorchées,Les chairs au feu mugissaient embrochées,Cuittes autant que crues ; et étaitSemblable aux bœufs la voix qui en sortait.

(Traduct. d’AMYOT.)

Le soleil s’obscurcit, et la coupe sanglanteSemble fuir d’elle-même à cette main tremblante.

(CRÉBILLON, Atrée et Thyeste, acte V, sc. 7)

Il n’est point de retour ? Rassurez-vous, mon frère ;Vous reverrez bientôt une tête si chère :C’est de notre union le nœud le plus sacré ;Craignez moins que jamais d’en être séparé.

Ibid.

De son fils tout sanglant, de son malheureux fils,Je veux que dans son sein il entende les cris.

Par tes gémissemens je connais ta douleur ;Comme je le voulais, tu ressens ton malheur :Et mon cœur, qui perdait l’espoir de sa vengeance,Retrouve dans tes pleurs son unique espérance.

(CRÉBILLON, Atrée et Thyeste, acte V, sc. 8.)