Dunkerque, après Reims

Théodore Botrel (1868–1925)

Chansons de route

Au vaillant confrère Dunkerquois, Francis Carlier

DUNKERQUE APRÈS REIMS

I

De Lutèce, le Hun recule :Elle est sauve encore une fois ;Attila Il s’en venge et brûleLe baptistère de nos rois.Un siècle d’Art à chaque bombeSe craquèle, s’effrite et tombeAvec un râle, et tout d’un coup !… Mais dans la Ville ruinée,Par l’incendie illuminée,Jeanne d’Arc est encor debout !

II

Puis le Barbare en sa colèreDe se voir barrer le cheminDe Calais… et de l’Angleterre,Bombarde Dunkerque, de loin.Tel un brick battu par la houle,À chaque obus la Ville « roule »Durant des nuits, durant des jours ;… Mais, riant de ces canonnadesÀ son « banc de quart » des ArcadesJean-Bart veille, debout toujours !

III

Le passé triomphal nous gardeEt chaque Ancêtre en nous revit ;Et c’est Lui qui monte la gardeQuand le sommeil nous envahit !Kaiser-Moloch, Kaiser-Vampire,Demain croulera ton EmpireAu son vengeur des clairons d’orSonnant enfin notre Victoire ;Debout sur vingt siècles de Gloire,Vois : la France est vivante encor !