La Nuit

Théodore de Banville (1823–1891)

Le Parnasse contemporain — 1876

IILA NUIT

Nous bénissons la douce Nuit,Dont le frais baiser nous délivre.Sous ses voiles on se sent vivreSans inquiétude et sans bruit.Le souci dévorant s’enfuit ;Le parfum de l’air nous enivre ;Nous bénissons la douce Nuit,Dont le frais baiser nous délivre.Pâle songeur qu’un Dieu poursuit,Repose-toi, ferme ton livre.Dans les cieux blancs comme du givreUn flot d’astres frissonne et luit ;Nous bénissons la douce Nuit.