L’Épouse

Théodore de Banville (1823–1891)

Nous tous

IVL’ÉPOUSE

Par un soir de Juillet, au Bois,Sous la douce brise estivale,L’Épouse trompée, aux abois,A donc voulu voir sa rivale.Oui, sa rivale heureuse. Enfin !La voilà donc, cette merveille.C’est elle, sur ce cheval finQui porte une rose à l’oreille.Eh quoi ! c’est ce manche à balai,Cette poupée aux boucles rousses,Qu’il emmenait à ViroflaySur le velours des vertes mousses ?

Et ces hommes, qu’on voit errerPrès de son cheval qui se cabre !Ils ont vraiment l’air d’admirerSa bouche ouverte en coup de sabre !

1 décembre 1883.