À Adolphe Gaïffe

Théodore de Banville (1823–1891)

Odelettes

Jeune homme sans mélancolie,Blond comme un soleil d’Italie,Garde bien ta belle folie.

C’est la sagesse ! Aimer le vin,La beauté, le printemps divin,Cela suffit. Le reste est vain.

Souris, même au destin sévère !Et quand revient la primevère,Jettes-en les fleurs dans ton verre.

Au corps sous la tombe enferméQue reste-t-il ? D’avoir aiméPendant deux ou trois mois de mai.

Cherchez les effets et les causes,Nous disent les rêveurs moroses.Des mots ! des mots ! cueillons les roses.