Mer fâchée
Au clair de la dune
XIVMER FÂCHÉE
La mer bâille. Ses flots très ennuyés font rage.La vague écume et siffle, échevelant dans l’airComme un long coup de fouet, sa crinière d’orage,Fouet monstre qu’on croirait effilé d’un éclair.La mer est ce matin, bien sombre, bien austère.Elle a d’étranges voix et de fantasques crisQue, tremblante, redit sa vieille sœur, la terre,Et les échos au loin hurlent, endoloris….
Or, devant cette mer aux farouches fanfares,Je songe à vos yeux noirs, singuliers et profonds,Et terribles comme elle, à vos grands yeux bizarresQui me tiennent noyé dans leurs gouffres sans fonds.