Est

Théophile Astrié (1830–1885)

Guide dans les cimetières de Paris

Artiste elle nous laisse un sillon tout vermeil,Et femme un souvenir tout humecté de larmes.(Édouard Plouvier)

Des classes qu’à peine on éclaireRelevant les mœurs et les goûts,Par toi devenu populaire,L’art va leur faire un ciel plus doux.

Sur ta tombe, tu peux m’en croire,Ceux dont tu charmes les douceursOffriront un jour à ta gloireDes chants, des larmes et des fleurs.

Si tu viens au printemps, dans ce lieu de douleurs,Ami des arts, tu dois le tribut d’une roseÀ ce tombeau modeste, où pour jamais reposeLa cendre de Vandaël, notre peintre de fleurs.

Mes chers amis, quand je mourrai,Plantez un saule au cimetière ;J’aime son feuillage éploré ;La pâleur m’en est douce et chère,Et son ombre sera légèreÀ la terre où je dormirai.