La chaleur tout le jour a rougi le vignoble
La Verdure dorée
La chaleur tout le jour a rougi le vignobleEt j’étais seul avec ces tulipes d’octobreDans la chambre où jadis chantèrent mille oiseaux.Je lève maintenant le store de roseaux ;Le double volet vert sur la muraille claque.Le soleil a plongé dans le soir d’écarlateComme une abeille en or dans un coquelicot ;Et la lune déjà, comme un jaune escargot,A quitté la colline et glisse au ciel d’automne.Ce n’est plus vous, vous qui m’aimiez au premier tome,Hélas ! ce n’est plus vous, cette nuit, qui viendrezAppuyer sur mes yeux votre visage frais…Croyez que le mot frais n’est pas là pour les rimes ;J’abandonne ces pirouettes puériles(Qu’hier encore j’exécutais ivre d’azurFacile) pour pleurer avec tristesse surLes pauvres hommes que nous sommes, si nous sommesCar il est dans mon cœur, car il est dans les saulesUn oiseau de cristal que j’écoute gémirSous l’ombre bleue, un rossignol, un souvenir…