« Sentiers où l’herbe se balance »

Victor Hugo (1802–1885)

Les Châtiments

XI

— Sentiers où l’herbe se balance,Vallons, coteaux, bois chevelus,Pourquoi ce deuil et ce silence ?— Celui qui venait ne vient plus.— Pourquoi personne à ta fenêtre,Et pourquoi ton jardin sans fleurs,Ô maison ! où donc est ton maître ?— Je ne sais pas, il est ailleurs.— Chien, veille au logis. — Pourquoi faire ?La maison est vide à présent.

— Enfant, qui pleures-tu ? — Mon père.— Femme, qui pleures-tu ? — L’absent.— Où s’en est-il allé ? — Dans l’ombre.— Flots qui gémissez sur l’écueil,D’où venez-vous ? — Du bagne sombre.— Et qu’apportez-vous ? Un cercueil.

1 août 1853.